Arnaud Ruiz

LA PASSION SELON ICARE

La passion selon Icare.

Fresque portative, fusion minérale au silicate de potassium.

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J'ai rencontré Arnaud Ruiz il ya peu de temps alors qu'il venait de mettre un point final à sa dernière oeuvre : « La passion selon Icare ». Je me souviens encore, nous étions seuls dans son atelier de puy Cheny, dans la pénombre d'une journée finissante. Mon hôte avait disposé ses principales créations tout autour de son atelier et m'expliquait avec passion ses sources d'inspiration. « Voici mon dernier travail » m'annonça Arnaud Ruiz en déplaçant l'éclairage.

Dans la lumière, j'ai découvert « La passion selon Icare ». J’ai tout de suite compris que j'étais en face d'une oeuvre majeure de l'artiste, peut-être de l'oeuvre de toute une vie. Tout y est : la richesse des couleurs, un merveilleux jeu de lumière qui joue sur les contrastes (gaité du ciel lumineux et rassurant, ombre inquiétante des falaises, chatoiement des plumages des aigles), l'enchevêtrement des courbes et des rondeurs (une caractéristique du style Arnaud Ruiz), le souci du détail comme ce bouquet de fleurs accroché à la falaise, le sens du mouvement et de la perspective qui met en valeur l'évolution du ou des personnages. Oui vraiment, du grand Arnaud Ruiz. J'aime ces ondulations, ces boucles, ces serpentins qui s'enlacent à l'infini et évoquent à merveille les remous du torrent, les mouvements de la forêt ou les ondulations des battements d'ailes. J'aime ces corps qui s'ébattent en tout sens et évoquent à merveille les jeux de jeunes enfants. Mais qui sont-elles ces créatures mi-aigle mi-enfant ?

Quand j'ai demandé à Arnaud Ruiz qu'elle fût sa source d'inspiration, il ma parlé de son enfance, de son Isère natale, des vallées alpines, des forêts qui surplombaient les gorges du Drac noir, de ses jeux, de ses courses vertigineuses au milieu des arbres centenaires, au-dessus des abimes mystérieux.

« Imaginez le sentiment de puissance que ressent un enfant lorsqu'il dévale ces pentes abruptes, lorsqu'il saute de rocher en rocher, lorsqu'il défit les tumultes des torrents. Ses jeux l'entraînent toujours plus loin, ses bonds lui donnent l'impression de voler, il sent naître en lui sa virilité, il devient maître de la nature. Dans ses sauts, il domine les rochers, les eaux, les arbres. Il devient un homme, il devient un oiseau, un aigle, il s'envole, il tourne au-dessus des gorges du Drac, il domine l'enfer du gouffre, il est puissant, heureux, libre »

Devant moi, avec passion, Arnaud Ruiz revit son enfance, je sens que ces images sont gravées en lui. La peinture d'Arnaud Ruiz est l'expression de sa mémoire, de ses images de jeunesse, sûrement des plus beaux moments de sa vie.

Voilà un peintre expressionniste dans le plus beau sens du terme.

 

Hervé B.